
Dans un futur post-apocalyptique, une poignée de personnes tentent de survivre [RPG Fantastique] |
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Maa Kaa

Age : 17 Inscrit le : 16 Déc 2007 Messages : 100 .:. Fiche personnelle .:. Relations:
| Sujet: Re: Textes Dim 6 Jan - 13:11 | |
| "Elle est partie en voyage..."
Quand ma grand-mère est morte quand j’étais petite, mes parents m’ont dit : « Elle est partie en voyage… -Ha ? » Alors moi, j’ai imaginé, et j’ai vu ma grand-mère, bien habillée dans sa belle robe du dimanche, avec ses gants et son chapeau, et comme tout les dimanches, elle sortait de la messe et venait nous rendre visite dans le village voisin. Alors, j’ai demandé à mes parents : « Elle revient quand mamie ? » Mais mes parents m’ont répondu : « Elle est partie pour très, très longtemps… -Ha ? » Alors moi, j’ai encore imaginé, et là j’ai vu ma grand-mère, dans sa belle robe du dimanche, avec ses gants, et son chapeau, en train de descendre d’un train, dans une grande ville à l’autre bout de la France, avec deux grandes valises, mais pas trop lourdes pour ne pas qu’elle se fasse mal au dos. Mais comme je ne connaissais pas les villes de France, j’ai demandé à mes parents : « Elle est où mamie ? » Mais mes parents m’ont répondu : « Elle est partie très, très, très loin… -Ha ? » Alors moi, encore une fois, j’ai imaginé, et j’ai vu ma grand-mère avec sa robe, ses gants et son chapeau, monter dans un grand et vieil avion, comme ceux qu’elle m’avait amenée voir au musée quand j’étais plus petite, avec un petit chariot pour tirer ses valises. Et alors, l’avion décollait, et il volait, et il volait, et il finissait par arriver… En Chine ! Oui, parce qu’elle avait toujours rêvé de voir la grande muraille pour ramener les photos à ses amies du club du troisième âge qui ne voyaient jamais plus loin que Paris pour leurs voyages de fin d’année, et ma grand-mère me disait bien que c’étaient des imbéciles. Je la voyais très bien, dans sa belle robe du dimanche, avec ses gants, son chapeau, et un appareil photo autour du cou, les valises laissées à l’hôtel, oui je la voyais très bien, dans la foule des chinois qui lui parlaient en français. Mais moi je ne savais pas comment c’était la Chine, alors je suis allée voir dans les magazines et j’ai vu que c’était grand et beau, et que ça lui plairait forcément ! Alors je suis allée voir mes parents avec les magazines, et je leur ai demandé : « Elle nous ramènera des photos aussi jolies mamie ? » Mais mes parents n’ont pas beaucoup apprécié… « Elle ne reviendra plus jamais... -Ha bon ?! » Alors moi, je me suis demandé où est-ce que ma grand-mère irait pour ne plus jamais revenir, et je me suis rappelé de la photo que ma grand-mère m’avait montrée, de quand elle était jeune dans la jungle en Afrique, avec un short, une chemisette, de grosses chaussures, un chapeau colonial, des gros gants, et un énorme serpent autour du cou, parce qu’elle avait toujours rêvé de porter un boa. Alors j’ai imaginé ma grand-mère, dans son costume de jungle avec un immense couteau pour dégager le chemin, et elle marchait dans la jungle, et elle arrivait dans un grand village avec plein d’Africains qui viendraient lui dire bonjour. Elle s’installerait dans le village, et se ferait appeler « Docteur Livingstone » pour faire rire quand elle se présentait, et les villageois l’aimeraient beaucoup parce que ma grand-mère elle aidait tout le temps les gens. Alors, elle déciderait de rester dans le village et de ne jamais repartir, parce qu’elle préférait l’Afrique à la France, et que c’était comme quand elle était jeune, et qu’elle avait les pieds noirs. Mais je ne savais pas comment elle vivait là-bas, alors j’ai demandé à mes parents : « On lui rendra visite à mamie, hein ? » Mais, les parents n’aiment pas que leurs enfants rêvent trop longtemps, alors, ils ont arrêté de me faire rêver et ils m’ont dit qu’elle était morte, et moi j’ai pleuré. Parce que même à sept ans, j’ai compris qu’au lieu de la faire voyager ma grand-mère, on l’avait enfermée dans une toute toute toute petite boîte… Mais cette nuit là, j’ai fait un rêve, et j’ai vu de ma grand-mère, dans sa belle robe du dimanche, avec ses gants et son chapeau, qui partait avec ses pieds noirs sur un chemin déjà tracé dans la jungle, elle n’avait plus besoin de bagages. Et elle arrivait dans un immense village, où il y avait la jungle, et des chinois, et des africains, et la muraille de Chine, et tout ce qu’elle avait aimé. Elle s’installait et ne repartait plus jamais. Parce que c’était ma grand-mère, et qu’elle aimait les voyages.
La mise en scène est laissée libre, voici néanmoins quelques pistes d'interprétation...
La scène, les costumes : -Pour une actrice, elle est déjà habillée avec le costume de la grand-mère (robe, gants, chapeau) et transporte deux valises très légères (dans lesquelles elle peut mettre le magazine). Jeu de scène possible avec le poid des valises ("pas trop lourdes pour ne pas qu’elle se fasse mal au dos").
-Deux portes costumes remplis où l'on aura préparé les différents costumes et accessoires sont placés sur scène de part et d'autre de l'acteur qui joue avec comme s'il cherchait des habits dans un magasin ou une loge, les mettant devant lui avec le cintre, etc.
Dualité entre l'enfant et ses parents : -L'acteur joue seul, baissant la tête et regardant un enfant imaginaire pour les parents, levant la tête et jouant sur la hauteur des parents pour l'enfant.
-L'acteur joue seul mais une voix préenregistrée en coulisse répond à la place des parents pendant que l'acteur joue sur les réactions directes de l'enfant.
-Deux personnes sont placées derrière l'acteur au lointain avec des masques neutres, ne bougeant jamais quand l'acteur a la parole et n'interagissant avec lui qu'aux moments de dialogues.
La grand-mère : -Tout les mimes la concernant sont joués en clown (avec ou sans nez) par l'acteur, c'est à dire en travaillant le côté exagéré et caricatural dans toutes les actions
-Une actrice autre que l'acteur principal vient en costume sur scène mimer la grand-mère tandis que l'acteur continue à commenter (idée compatible avec la précédente)
Une (ou plusieurs) vidéo(s) de moi-même interprétant ce monologue à ma manière sera mise prochainement en ligne, prochainement voulant dire "Quand je recevrai enfin ce fichu DVD de colo", pour donner une idée de ce qu'il peut rendre une fois joué. |
|  | | Maa Kaa

Age : 17 Inscrit le : 16 Déc 2007 Messages : 100 .:. Fiche personnelle .:. Relations:
| Sujet: Re: Textes Dim 6 Jan - 13:15 | |
| La chambre noire, ou le développement de la Haine.
Je ne dirais pas qu'elle présente des éléments gores etc. mais l'action est tout de même très malsaine. Encore une fois, je demanderai aux âmes sensibles de s'abstenir.
| Spoiler: | | | Il fait noir et chaud, je comprends pas, je suis attachée. Qu’est-ce qui se passe, pourquoi je suis là, qu’est-ce que j’ai fais ? Où je suis ? Je me rappelle juste que j’étais assise et on m’a tiré… On m’a tiré les cheveux pour me faire tomber ! J’arrive pas à bouger, j’ai les poignets attachés, et les chevilles, pourquoi je suis à moitié à poil ???!!! Que quelqu’un me sorte de là… S’il vous plait… Y a du bruit, des gens, j’entend des gens ! Qui est là, pourquoi je suis là ? Aidez-moi, aidez-moi ! Sortez-moi de là, j’ai peur du noir ! Quelqu’un s’avance, qu’est-ce qu’il fait, je ne vois rien ! J’ai peur, pourquoi ils ne m’aident pas ? Pourquoi, laissez-moi, laissez-moi ! Celui qui s’est avancé se penche sur moi, pourquoi il ne fait rien ?! Il sourit, j’ai mal, ‘ai mal ! Qu’est-ce que c’est ??!! J’ai mal, c’est ma cuisse, qu’est-ce qu’il a fait ?? J’arrive pas à voir, qu’est-ce qui se passe, pourquoi il rit ? Les autres rient, j’ai mal, aidez-moi ! Je crie, je me prends une gifle, mais pourquoi ils font ça ? Pourquoi ? J’ai rien fait, j’ai rien fait ! Arrête, arrêtez de frapper ! Mes côtes, si ils continuent mes côtes vont casser ! NON ! Pas là ! Qu’ils ne touchent pas là ! Ça fait mal, AU SECOURS ! Je hurle, je hurle, je pleure, plus je pleure plus ils frappent ! Et ce truc froid à côté de mon sexe, c’est glacial, j’ai peur, je suis sure que c’est coupant ! J’ai peur, sortez-moi de là ! Ils rient, je n’ai rient fait, j’ai rien fait ! Maman, qu’est-ce que je dois faire, ils rient, ils rient, je sens qu’ils l’enlèvent, le métal de ma culotte, c’était un scalpel de bio, J’ai peur, ils passent le bord sur mon ventre ! Je hurle, ils rient J’AI MAL ! Ils l’ont planté, ils l’ont planté dans mon ventre !! Je hurle et ils l’enfoncent, de plus en plus, laissez-moi, laissez-moi ! Ils rient, ils enlèvent la lame, NE ME TOUCHEZ PAS ! C’est mon corps, MON CORPS ! Arrêtez de me toucher, ARRÊTEZ !!! J’arrive plus à sentir, ce qu’ils font, c’est horrible, je veux pas, dès que je pleure ça augmente, j’ai froid et je brûle ! Ne me touchez plus, NE ME TOUCHEZ PLUS !!! Ils rient, ils rient c’est horrible, ces rires visqueux, horribles ! Tuez-moi, tuez-moi, je supporte plus, c’est horrible, des coupures, je sens plus où, mon corps est brûlant, je dois, je dois me taire !!! Silence ou ils frappent, plus fort, plus fort ! Et mon corps ne répond plus ! J’ai mal, je peux pas pleurer, c’est comme si je mourrais, je suis morte, je suis enterrée.
Je me réveille en sursaut dans le lit de l’hôpital. C’est fini. C’est fini. Je n’arrive plus à me rappeler si j’ai hurlé ou non en me réveillant. Ça fait une semaine que je suis ici, sortie de cet enfer de 24 heures, de midi à midi, avec juste le temps pour qu’ils dorment. Ces enfoirés m’ont séquestré dans l’un des locaux abandonnés du collège. Depuis que je suis ici, je ne pense qu’à l’opération qui m’effacera les plus grosses cicatrices. La dirlo refuse que mes parents portent plainte. Elle a étouffé l’affaire cette salope, pour ne pas que l’établissement en subisse les retombées. Salope. La chambre d’hôpital est aussi blanche et vide que le local était noir et plein, c’est aussi ignoble le blanc immaculé que le noir poisseux de sang. Je les hais tous. Ceux qui m’ont fait ça, tous, tout le monde, la dirlo, les gens, l’humanité. Ils sont sales, tous, horriblement sales et gluants, ils vous regardent avec des yeux perfides pour savoir à quel moment attaquer, l’humanité. Gluante, repoussante, mauvaise, horrible humanité, il n’y a plus d’adjectifs pour décrire à quel point elle me répugne, je ne supporte plus qu’on me touche, les infirmiers me font frissonner quand ils m’aident à me déplacer. Ils me dégoûtent, tous, tous sans exception. Cette sale, ce placard, ça a été la chambre noire où mon dégoût de l’humanité s’est développé. |
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|  | | Maa Kaa

Age : 17 Inscrit le : 16 Déc 2007 Messages : 100 .:. Fiche personnelle .:. Relations:
| Sujet: Re: Textes Dim 6 Jan - 13:21 | |
| J’ai rêvé que je te tuais.
Encore une fois, texte glauque et déconseillé aux âmes sensibles (mais non je n'écrit pas que des trucs louches ><°)
| Spoiler: | | |
Tout était noir. Le sol était invisible sous des amoncellements de crânes humains. Il y avait un arbre mort, démesuré, au tronc énorme. Ses branches étaient complètement tordues, torturées, et semblaient se tendre vers le ciel noir, comme des milliers de bras cherchant leur salut dans l’infini de ce chaos. Tu étais là, crucifié sur le tronc de cet arbre macabre, tes bras cloués à deux branches courbes qui semblaient vouloir se rejoindre comme en une auréole géante. Sur ces deux branches étaient accrochés d’innombrables trapèzes sur lesquels des poupées de porcelaine brisées et défigurées étaient assises et te toisaient de leurs orbites creuses. Tu avais trois paires d’ailes, immenses, qui battaient furieusement l’air et l’écorce entre lesquels elles étaient comprimées, dans l’espoir de te libérer de ton supplice, et ces ailes étaient d’un gris poussière, taché par le sang qui suintait de tes plaies. Des spectres de femmes nues jaillissaient alors des crânes au sol et étreignaient lascivement tes ailes si fort qu’elles les brûlaient et que des plumes en tombaient, carbonisées. J’étais là, en face de toi, contemplant ton visage ensanglanté et torturé, à l’œil gauche bandé d’une lanière de cuir suintant ton sang et tes larmes. J’admirais la beauté dans ton expression de souffrance et la pureté de tes traits torturés. Je me penchais sur toi et te mordais cruellement la lèvre avant de t’embrasser ardemment, savourant le goût amer et métallique du sang sur nos langues mêlées. Tu pleurais des larmes claires et pures. Tout en continuant de t’embrasser, je levais lentement mon bras gauche, puis l’enfonçait dans ta poitrine comme s’il était à lui seul une lame. Je forçais alors que tes côtes cédaient et se brisaient avec un craquement sinistre qui résonnait tout autour de nous et m’assourdissait. Je murmurais un « Je t’aime » sur tes lèvres, tandis que ta bouche s’ouvrait désespérément pour tenter d’aspirer un peu d’air et que mes doigts se refermaient sur une masse de chair palpitante. Ta tête basculait en arrière alors, un râle étouffé sortait de ta gorge au même instant où j’arrachais ton cœur de ta poitrine secouée de spasmes. Je pleurais. « Je te demande pardon » Je ne sais pas qui de toi où moi réussi à articuler cette phrase avant que tu ne t’affaisse sur toi-même. Mort. A cet instant, les poupées de porcelaines tombaient en poussière, d’autres spectres de femmes hurlantes de rages sortaient en tourbillon des crânes et venaient m’encercler en gémissant et en tentant de me dérober cet organe si précieux qui était désormais mien. Je leur tendais ce cœur inerte, qu’elles emportaient dans une tornade de cris qui faisaient trembler l’arbre mort au point d’en faire se détacher les clous qui retenaient ton cadavre à l’écorce. J’enlaçais ton corps glacé, le décrochais et glissais à terre en te serrant dans mes bras. « Ne me laisse pas… » Elle était là, sortie la dernière du plus ancien des crânes, comme les autres, spectre de femme nue, mais elle portait ce qu’il n’y aurait jamais chez moi ou chez les autres. La Lumière. Je pleurais, encore. Elle me regardait. Elle se penchait sur moi et me prenait ton cadavre qu’elle enlaçait avant de me tourner le dos et de partir sur une longue route d’ossements qui se perdait dans les ténèbres, toujours en te portant dans ses bras. Je hurlais de douleur en essayant de la suivre, mais mes forces m’abandonnaient et je tombais inerte dans un dernier cri qui déchirait l’espace autour de moi.
Je me suis réveillée en criant. Je pleurais. J’ai prié. « Ne m’abandonne pas. J’ai besoin de toi ». |
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|  | | Maa Kaa

Age : 17 Inscrit le : 16 Déc 2007 Messages : 100 .:. Fiche personnelle .:. Relations:
| Sujet: Re: Textes Dim 6 Jan - 13:22 | |
| Ne pas oublier
Et je n'ai pas oublié le noter dans mon agenda à la date du 7 juillet 2088 : Penser à mourir. Me connaissant je vais encore oublier et je fais un noeud au fil de ma manche qui dépasse. Du haut de mon mètre soixante je regarde la terre tourner d'en bas en scruttant le haut des gratte-ciels de cette ville que j'ai aimé et qui a détruit ma vie dans sa croissance à la verticale. La main tendue vers le ciel, je tente d'attraper la pluie qui fait couler sur mes joues les larmes que je ne peux pas verser tandiqu'une voix d'ange chante à mes oreilles. J'augmente le volume de mon lecteur de musique. Mon rêve vient de s'envoler avec la légèreté d'une braise, je tombe de vertige en avant du haut du ciel. J'accompagne la pluie dans sa chute inconditionelle et hors temps. Le fil de ma manche s'accroche à mes chaînes et les pages de mon agenda prennent leur envol. Et j'avais même oublié de le noter dans mon coeur à la date du 20 décembre : Penser à remonter au ciel. |
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